samedi 2 janvier 2016

Le Soufisme est-il vraiment la solution contre le terrorisme ?







Malgré toutes les querelles de chapelle liées à son sujet, l’écrasante  majorité des savants musulmans de quelque obédience qu’ils soient acceptent le soufisme tant qu’il soit la purification du cœur contre les mauvais penchants  au moyen d’une science gnostique dérivée d’Al ihsan qui peut être défini  comme l’embellissement de tous les actes d’adoration. Le soufisme est donc une valse mystique entre l’esthétique et l’éthique. Mis à part quelques radicaux commentateurs contemporains, tous les musulmans acceptent le soufisme même si c’est avec des réserves. Mais il est tout aussi rare de trouver des savants musulmans qui adhèrent à toutes les formes de soufisme. Leurs éminences Seydi Hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba et El Hadji Ibrahima Niasse ont tous les trois écrit des textes spécifiques sur les critères d’un cheikh authentique et les caractéristiques d’un imposteur. Je vous renvoie à « Kifaayatu Raghibiin » de l’érudit de Tivaouane. Ils étaient tout simplement confrontés à des tendances déviantes. Un éminent Tidianite comme Baye Niasse est allé même jusqu’à affirmer que Cheikh Sidy Mokhtar Al Kounti (1730-1811) qui est l’un des plus étincelants pôles de la Qadiriya est l’un des rares guides qui peuvent conduire le mouride (l’aspirant) vers Dieu. Plus récemment, Serigne Mansour Sall l’actuel Khalif de Serigne Abass Sall a écrit un livre intitulé « Le Soufisme, avantages et inconvénients ». Un ouvrage courageux où il s’attaque particulièrement au soufisme philosophique dérivé d’Ibn Arabi Al Khatimi. Pourtant Serigne Mansour Sall est adepte du Tidianisme, disciple de Cheikhna Ahmed Tidjani qui se référait à Ibn Arabi que le marabout, philosophe et théologien se permet d’égratigner. Cela ne doit pas étonner ! Il en a toujours été ainsi. La génuflexion totale devant les maîtres n’a jamais prospéré en Islam. Imam Chaafi’i disciple de l’éminentissime Imam Malick n’a-t-il pas dit lorsqu’il a rencontré le savantissime Layth Ibn Saad, que ce dernier est plus fort que Malick dans le domaine du Fiq. Imam Ghazali qui est soufi et philosophe ne s’est-il pas fendu en un ouvrage devenu célèbre « L’erreur des philosophes », alors qu’il est philosophe lui-même. Il s’attaque tout simplement à la spéculation stérile et débordante des philosophes sur des sujets non-philosophiques. Ce n’est pas parce que l’on s’attaque aux déviances du soufisme spéculatif qu’on n’est pas soufi. Le Cheikh Al Islam Ibn Taymiya (hanbalite du 14ème siècle) a une filiation spirituelle avec le grand maître Abd al Qadir al-Jilani ( 12ème Siècle)malgré ses critiques contre les soufis déviants de son époque. Son disciple Ibn Qaim Al Djawziya n’a-t-il pas écrit « Les sentiers des itinérants » qui est un remake d’un célèbre ouvrage soufi écrit par Cheikh Harawi. Toutes leurs pratiques spirituelles viennent d’Abd al Qadir al-Jilani, qui officiait un soufisme salafien, c'est-à-dire un soufisme des anciens hérités de l’Imam Ali, Hassan Al Basri, Habib Adjami, Daouda Ta’i, Sirri Saqati, Mahrouf Al Karhi et le fameux Djouneydi. Un autre courant représente le soufisme sunnite des Ghazali, Aboul Hassan Shazali et autres et puis ensuite le soufisme philosophique de Mansour Khalaj et Sohrawardi. La plupart des pratiques spirituelles et méthodes éducatives de ce qu’on appelle aujourd’hui « Mouvement islamique » dont les Ibadous sont apparentés viennent des enseignements d’Abd al Qadir al-Jilani. Lisez les ouvrages de Cheikh Abdessalam Yassine de « Al Adl Wal Insane » du Maroc. Imam Hassan Al Banna fondateur des frères musulmans a passé six années dans une confrérie(Tarîqa). La célèbre Zeynab Ghazali présidente du « Mouvement des femmes » affilié aux frères musulmans d’Egypte a écrit dans « Des jours de ma vie » que le prophète Muhammad (PSL) lui a rendu visite en prison à trois reprises lorsqu’elle était aux prises avec ses tortionnaires. On sait aujourd’hui ce que beaucoup des musulmans littéralistes pensent de la vision du prophète PSL. Il a fallu que le très encyclopédique Djalal Ad-din Souyouti rende hommage au grand soufi Abdou Wahab Shahrâni en dirigeant sa prière mortuaire pour  que l’on sache que ce dernier n’était pas un déviant et que la vision du prophète est une réalité.  Pourtant ces leaders sont considérés comme des « ibadous » qui combattent les soufis. D’où viennent ces confusions et malentendus ? Au reste le disciple Qadir qui pratique les 200 AstaghfiroullAh Al’Azim, 200 KhasbounAllahou Wa Nihmal Wakil ,100  La illaha illalah Al Malikoul Khaqqoul Moubine, 100 Salatou hala Nabi à chaque prière canonique n’a pas le temps de poser des bombes. La fréquence journalière du Wird Tidiane n’autorise aucun écart s’il est respecté! Les nombreuses Salatoul Fatiha et la quantité importante de Djawhratoul Kamal sont suffisamment « contraignantes » pour éviter les dérives. Mais tous les adeptes des confréries ne sont pas des soufis et il ya des soufis non confréristes. N’oublions pas qu’aux temps anciens le soufisme était une réalité sans nom. Il peut devenir un nom sans contenu. La méfiance des confréries devrait aller plutôt à contre-sens du discours actuel qui veut que le soufisme soit la panacée face à cette nouvelle forme d’irrédentisme religieux qu’est le terrorisme islamiste. Le soufisme comme solution peut présenter des limites lorsqu’il n’est pas compris, approfondi et appréhendé selon les réalités de notre temps :- Pour l’occident, le soufisme est une solution opportuniste. On n’a pas besoin de « l’extrême onction » de l’occident pour croire à la pertinence des Tarîqa. Si le soufisme prend une tournure politique ou se pose en alternative civilisationnelle avec des programmes culturels qui touchent les centres de diffusion du pouvoir dans le monde, il sera farouchement combattu comme l’ont été El Hadji Oumar, Mamadou Lamine Dramé (1840, 1887) et Maba Diakhou Ba qui sont des soufis-guerriers. Que Cheikh Ahmadou Bamba et El Hadji Malick Sy soient aujourd’hui la solution  selon les « nassara » est vraiment risible ! Non seulement ils le disent contre mauvaise fortune bon cœur mais il ya surtout que ce discours permet à « l’occident » d’entrer à nouveau contact avec les disciples de leur anciens ennemis et s’offrir par la même occasion une tribune pour dérouler leur programme. Même le très récent Mame Abdou Aziz a été convoqué par les colons, tout simplement parce qu’il s’était rendu à Touba auprès de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké. On oublie que le preux Cheikh Hamala qui a été déporté en France est un Tidiane onze grains.  Le soufisme en vérité est un rempart contre la crise métaphysique qui frappe le monde, l’extrémisme et l’injustice. C’est une flamme secrète qui brûle dans le cœur des pèlerins qui cheminent vers Dieu.

Khalifa Touré
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vendredi 1 janvier 2016

Mon Dieu ! Et si Lamine Diack avait avoué ?






« Je vous ai dit qu’il fallait à cette période gagner la bataille de Dakar, c’est-à dire renverser le pouvoir en place dans mon pays, le Sénégal. Il fallait pour cela financer notamment le déplacement des jeunes afin de battre campagne, sensibiliser les gens à la citoyenneté. (…) J’avais donc besoin de financement… » Tels ont été, en partie, les propos terrifiants de Monsieur Lamine Diack publiés dans le site du journal français Le Monde, un journal de centre gauche, tenu jusqu’à une certaine date par d’anciens trotskistes. L’emblématique Edwy Plenel, un ancien lambertiste,  actuel directeur de Mediapart, a dirigé ce journal « très sérieux » mais qui est un organe de « combat », avant de démissionner. Pourquoi Le Monde a-t-il pris le parti de lâcher cette bombe. Le journal a-t-il voulu pourfendre la nébuleuse politico-financière en Afrique ? A-t-il voulu dénoncer le flou financier dans lequel la démocratie est fabriquée en général. Quoi qu’il en soit, l’on feint d’ignorer que la démocratie est partout financée. Les grands journaux comme Le Monde, El Pais, Der Spiegel, le Washington Post ou le New York Times ne sont pas seulement des organes de presse. Ils  sont au cœur du dispositif de « fabrication du monde ». Ce sont des « agences de renseignements ». Malgré les lois votées en France par exemple, pour encadrer le financement des partis, le monde politique est toujours en conflit avec la transparence. Nous sommes dans une civilisation de l’argent ! Ce n’est un secret pour personne, le droit de l’hommisme, les insurrections, le terrorisme, la gay pride, le féminisme, le planning familial, et bien d’autres choses sont financés. Toutes les chapelles bénéficient de financements. Les nombreuses fondations créées en occident et présentes dans notre pays sont politiquement estampillées à gauche, à droite ou à l’extrême gauche. Elles contribuent à faire de notre pays une société « ouverte » et disponible. Savez vous que même les idées débattues un peu partout et qui voient des hommes et des femmes se battre sont sponsorisées par des vitrines et des laboratoires de fabrication d’opinion ? Mais de là à voir des financements occultes partout, il ya tout un chemin à faire. Cela dit, chacun a le droit de s’offusquer que notre démocratie soit entachée par de l’argent sale. Quant aux précisions du journal Le Monde qualifiées avec délectation de reculade, grande bourde ou effondrement, elles sont superfétatoires. Elles ne sont utiles que pour ceux qui s’étaient empressés de condamner définitivement le Président de la République. Peut-être qu’un jour on saura ! Si Le Monde  est revenu sur le texte c’est parce que la chose a pris des tournures politiques dangereuses faisant oublier même l’origine et l’auteur des faits : le président Lamine Diack. Nous sommes une société tellement politisée qu’on oublie souvent la morale et le traitement axiologique des faits. Mon Dieu ! On oublie qu’il s’en est fallu de peu que cet homme soit canonisé dans son pays. La Sénégal est un pays à héros faciles. Un héros est un demi-dieu. Bon sang ! gravir tous les échelons d’une organisation internationale ne fait pas un grand homme, un héros ou un illustre personnage. On peut se trouver dans une situation exceptionnelle sans être un homme exceptionnel. Lamine Diack n’est pas un héros, c’est un homme qui a certainement fait du bien dans son domaine en un demi-siècle, mais qui est surtout un homme très chanceux. Au Sénégal les références contemporaines sont des grands commis de l’Etat ou des hommes d’affaires qui sont loin d’être exceptionnels. On a découvert que la méritocratie qui nous vient des pays anglo-saxons est loin d’être juste et équitable. Elle a été inventée pour justifier les privilèges les plus incroyables et les inégalités honteuses. Beaucoup d’hommes qui se targuent d’avoir du mérite n’ont en vérité bénéficié que de la loterie généalogique. Leur seul mérite c’est d’avoir eu un père. Un père haut perché qui les a mis à l’étrier depuis leur bas âge. D’autres ont eu « la chance » de se trouver dans les rouages d’un système politico-financier inégalitaire qui leur a offert des avantages incroyables. C’est dommage, le président Diack allait être élevé à la dignité de saint laïc. Sa chute révèle la légèreté et la fausseté même des critères d’élection des « grands hommes » en société sénégalaise. Son histoire devra être écrite un jour par de vrais spécialistes de la biographie. Est-ce vraiment l’histoire d’une chute ? La chute est un phénomène brutal pour certains mais pour beaucoup c’est un processus. On ne saura peut-être jamais qui est Lamine Diack. A ce propos, une refondation de nos valeurs est nécessaire. Parmi ces valeurs, c’est la teranga qui pose problème. Il y a une crise de la Teranga depuis qu’elle a un lien étroit avec le Tekki. Au Sénégal nous n’avons pas un problème de forme, mais de contenu. Le contenu de la notion de Teranga est de plus en plus pourri. Une réflexion sur les limites de nos valeurs, leur permanence ou non, leur continuité dans nos actes serait très utile. Un projet de société passe d’abord par la critique de ses propres valeurs afin d’élaborer un programme culturel indispensable à la transformation sociale. Dans cette « crise des valeurs » tant décriée, ce sont les valeurs elles-mêmes qui posent problème.

Khalifa Touré
776151166

vendredi 25 décembre 2015

Sorcellerie et refus de sépulture au Sénégal



   


Une société dont la machine à fabriquer le Bien est en panne est une société malade. Mais le Bien n’est pas seulement une construction sociale, c’est aussi et surtout une  question de transcendance qui touche à notre spiritualité. Voilà la grande difficulté ! Sans verser dans un constructivisme de mauvais aloi, on peut affirmer que là où le bât le blesse c’est lorsque le Bien devient  un problème de possibilité sociale. Pour beaucoup de citoyens les logiques de survie auxquelles ils sont confrontés depuis les années d’ajustement structurel, diminuent leurs capacités de choix d’ordre moral et poussent vers des solutions à la limite de l’honnêteté. Il ya au Sénégal un problème de consensus moral. Depuis des années nous avons du mal à s’accorder sur ce qui est bien et ce qui est mal. De plus en plus des hommes et des femmes passent à l’acte : corruption, concussion, prévarication, parjure, détournement de biens publics, transhumance des politiciens et des électeurs, manipulations en tout genre, mensonge éhonté, violences physique et symbolique sur les citoyens sans parts… Mais l’une des manipulations les dangereuses et confine au macabre est la sorcellerie qui remonte à la nuit des temps. C’est une pratique protéiforme dont le vocable a désigné mille et une choses différentes relevant spécialement des sciences occultes. Elle a aussi désigné des pratiques soi-disant anthropophagiques et alimente ainsi les superstitions les plus folles et provoqué la mise à mort horrible de personnes innocentes.  Mais ce dont il s’agit aujourd’hui au Sénégal, qui défraie la chronique, ce sont les pratiques répétées de profanation de tombes qui est à l’évidence l’un des  rituels de la nécromancie.  Il n’ya pas tant à s’en étonner. Autant dire qu’on feint d’être étonné par de telles pratiques qui même si elles sont faites à la faveur de la nuit sont  connues de tous. C’est devenu un secret de polichinelle qu’au Sénégal, le  pouvoir, la politique et la sorcellerie ou « maraboutage » sont des pratiques  intimement liées. La consultation des devins, des voyants ou autres «clairvoyants» sensés interroger les esprits de la nuit pour agir en «modifiant » la trajectoire du destin sont des œuvres devenues courantes et banales pour les hommes de pouvoir en général ; pas forcément les hommes politiques. Selon les spécialistes sénégalais de la démonologie les trois secteurs les plus infectés au Sénégal sont le monde politique, le secteur du commerce, le sport en particulier les Navétanes et la lutte. Le monde « religieux » est  de plus en plus concerné par cette affaire. Il ya aussi la sorcellerie diffuse dans la société qui s’est essentiellement féminisée à cause des conflits matrimoniaux.
On feint d’oublier qu’un homme politique sénégalais et pas des moindres, affirmait sans ambages que ses « marabouts » étaient  plus puissants que ceux de ses homologues africains. Un de ses farouches opposants fit alors un « voyage  initiatique » en traversant la boucle magique de l’Afrique de l’ouest : la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée, le Mali, le Bénin pour revenir au Sénégal. Personne ne s’est interrogé sur ce voyage qui n’avait aucun enjeu politique. Dans la mairie d’une ville près de Dakar, à la suite de travaux de réfection, trois corps avaient été découverts ensevelis et couverts de linceul noir en direction du coucher du soleil. Tout portait à croire que c’était un meurtre sacrificiel et rituel compte tenu du modus operandi utilisé dont le symbolisme renvoie à des références blasphématoires. Un fait paradoxale dans un pays où l’Islam et le Christianisme, deux religions qui condamnent les pratiques occultes ou magiques, occupent le haut du pavé social et sont les principaux déterminants qui structurent l’imaginaire social. Mais le fait social est que la magie blanche est tolérée par les religieux. Sous des dehors de modernité, le Sénégal vit toujours à l’ère de la pensée magique, des superstitions, des croyances aux bons ou mauvais augures. Les hommes de pouvoir  ont du mal à quitter le monde du bois sacré. D’un point de vue historique la permanence de la cosmogonie africaine traditionnelle dans sa face politique est d’une évidence éclatante au Sénégal. Le pouvoir c’est de la  jouissance qui autorise la convocation et même l’invocation d’entités autres qu’humaines en dehors bien entendu du monde de la raison, du visible et de la transparence. Une interrogation sur ces différentes pratiques qui sont loin d’être marginales est d’un intérêt sociologique certain. Elle peut surtout nous renseigner sur l’état de notre société et sur l’usage déficitaire de la raison dans le monde politique africain. Nos hommes politiques n’ont pas confiance à la raison, à la force de persuasion et la pertinence d’un programme. Des hommes de pouvoir capables de mettre en veilleuse leur raison ! Alors toutes les folies imaginables sont permises : Folie sexuelle, folie financière, folie des grandeurs et folie « mystique ». Une  économie politique  de la sorcellerie, du sexe et des œuvres magiques serait d’un intérêt scientifique certain. C’est ainsi que le politicien confiant de son immunité mystique conférée par le sorcier  entame une grande carrière de prédateur économique et social. Tout va passer sous le rouleau compresseur de l’impunité (femmes, argent, véhicules, villas) jusqu’à ce que qu’un décret présidentiel plus sorcier viennent mettre fin à la carrière très mystérieuse du ministre. En attendant le décret divin.



lundi 14 décembre 2015

Émigration, liberté et servitude !









Depuis qu’il lui a été donné de marcher sur terre, l’homo-sapiens   a toujours quitté les zones hostiles où la vie humaine était précaire vers les prairies où l’herbe est verte partout. Il découvrira plus tard le tragique de l’existence humaine. En vérité si l’herbe est verte partout, il y en a qui est vénéneuse. Que l’on soit disciple du très controversé Darwin ou adepte du créationnisme, le fait est qu’il n’a jamais été dans le fort de l’homme de se donner volontairement la mort. Il est inscrit dans l’ADN historique de l’espèce humaine d’aimer, d’adorer et de s’accrocher à la vie, quitte même à tuer son prochain. Aussi, notre Lébou préféré, l’écrivain Abass Ndione, a-t-il raison d’affirmer sous sa barbe chenue que « les  émigrés clandestins ne sont pas des suicidaires.» On n’a pas besoin de lire Emile Durkheim pour savoir que l’émigré clandestin n’est pas dans le mode opératoire du suicide. Il veut vivre ! Il faudrait être plus sourd, muet et aveugle que le personnage de La Brute de Guy Des Cars pour ne pas entendre le cri de ces pauvres hères qui prennent des pirogues, bravant une mer hostile vers une Europe animée d’un grand désir d’apartheid. Une Europe plus hostile que la mer. « Barça ou Barzagh », « Mbekk mi », autant de formules qui nous font voir ces aventuriers des temps modernes, hommes femmes enfants, comme des béliers mythologiques, donner des coups de cornes sur la crête d’une mer qui ne leur offre que la mort. Décidément  l’avenir se refuse à eux. Leurs ancêtres n’ont-ils pas fait le même chemin ? On n’ose même pas dire que l’histoire se répète. Restons dans les proportions raisonnables. Ah l’Atlantique ! Il  est devenu tout noir à force d’engloutir et de voir autant de noirs passer. Depuis que l’éminent Paul Gilroy a jeté son fameux « L’Atlantique noir » sous le ciel assombri du monde des idées, nous savons que cet espace est à la fois un cimetière et un vaste monde de création et de recréation de l’identité noire. L’ADN historique et génétique des visages noires les plus divers est passé par là : William Dubois, Martin Luther King,  Jimmy Hendrix, Spike Lee….La migration qu’elle soit volontaire ou involontaire est un phénomène complexe et contemporain qui participe de notre modernité commune. C’est une histoire africaine mais aussi une histoire européenne. Les anciens systèmes, mercantile  ensuite capitaliste, ont par différents moyens poussé les hommes à partir ou bien même aller chercher des bras pour les faire travailler. Le capitalisme carnassier a aussi inventé un imaginaire euro-centré qui a cette faculté « démoniaque » de siphonner les consciences des autres peuples. Un système terriblement efficace dont les vecteurs principaux sont la langue, la littérature, le cinéma et  la musique. Quoi que vous fassiez, ils partiront. Même les femmes enceintes s’en vont. Ils sont possédés par le « démon » Europe. Ceux qui ont réussi à passer ne raconteront jamais leur mésaventure. Ils sont partis sur les routes d’une terre africaine malmenée et outragée par une élite qui a fini de cannibaliser les peuples et installer une prédation économique sans précédent. Depuis le fameux rapport Berg des années 80 nous savons que les dirigeants politiques africains n’ont même pas profité des marges de manœuvres laissées involontairement par les féroces institutions de Bretton Woods. Ces marges, quelque soit leur étroitesse était suffisamment « lisses » pour laisser passer de grandes politiques de croissance. Mais ils n’ont rien fait, occupés à suivre et caresser les anciens maîtres. L’esclave n’aime pas son ancien maître. Seulement il croit l’aimer. A force de brimades et de terreur, il en venu à un état d’imbécilité voisin de la démence. Il est vrai que des cas comme celui de Jean Bedel Bokassa et bien d’autres plus récents relèvent peut-être de la psychiatrie. Il ya des maladies mentales non encore diagnostiquées! Qu’ont-ils fait contre les effets dévastateurs de la sécheresse des années 70, l’exode rural, le dépeuplement des campagnes, le déséquilibre dans les villes, l’analphabétisme, le très dangereux analphabétisme ? Alors, les braves fils de l’Afrique se sont mis à braver le désert. Certains se font battre et torturer dans le Sahara, d’autres se font « enculajailler » par des maures lubriques. Ils reviennent complètement paumés s’ils ne perdent pas la tête. Dans leur folie ils racontent des choses terribles et vraies. Certains qui sont passés ne diront jamais qu’ils ont été violés. Il y en a qui ne reviendront jamais. Ils sont morts ! D’autres sont dans des caves, de grands trous creusés dans le désert où ils subissent les pratiques barbares de l’époque des Razzias. Ils ont le malheur d’habiter des pays où l’on hésite encore entre la liberté et la servitude. Les hommes sont mortels, mais les civilisations se suicident !

mercredi 9 décembre 2015

Mais à quoi bon écrire ?





A quoi bon écrire si ce n’est pour voir l’œuvre de sa vie conspuée et regardée avec une morgue hautaine par les bourgeois de troisième génération ? Ils vous achètent quelques bouquins pour se faire bonne conscience et décorer leur palais construit avec l’argent faisandé du commerce de l’Afrique. L’Etat honteux ! La Société sans vergogne, l’Elite déconfite. Faites gaffe ! Méfiez-vous des anciens pauvres qui ne seront jamais riches. Ils se contentent des miettes que leur jettent ceux qui sont haut perchés et attendent de dégringoler dans un bruit à vous crever le tympan. Attention fuyez ! Ils vont tuer, massacrer, génocider dans leur grande chute motelle. Ah ! que ça fait du bien lorsqu’un criminel choit. Un peu de cynisme ça ne fait pas trop mal tout de même.  Ce doit quand même faire drôlement mal la chute éléphantesque de ces animaux sauvages. Il n’ya guère, leurs rires narquois et leurs œillades sataniques se  gavaient de la misère noire de l’écrivain, noire comme le pain noir de la sombre misère. Ah la classe moyenne supérieure, quand tu nous tiens ! Les anciens  pauvres empêchent la révolution. La classe moyenne supérieure est la muraille de Chine, pardon (sacrilège!),  la muraille de la honte qui a oublié les mâcons du cœur. Une position de classe précaire, sans conscience politique de classe. Pour elle, l’essentiel est d’être là-dedans. Regardez-les jubiler, se pourlécher les babines en un geste lubrique ! Ils ne savent pas que le mirliton chante mieux que le bâton de Maréchal. D’ailleurs le bâton ne chante pas. Sinon il chante faux. Le chant rocailleux, caverneux, effrayant et braillard des intellectuels qui n’ont même pas l’excuse d’être organique. Les invertébrés ont quand même un organe. Ils sont au-dessus de la terre. Ils rampent au moins vers quelque chose.  Les intellectuels c’est comme les femmes, ils sont fascinés par le pouvoir. Mais je préfère les femmes, elles valent mieux qu’un intellectuel. Elles sont belles, mais pas toujours. Elles sont la sève nourricière. Il ya pas plus moche qu’un intellectuel dans la cour du roi. Sur cette terre foulée et pourrie par des millions de pieds assassins, il n’ya que la beauté qui compte.

Va-t-en ! naguère grand prix du chef de l’Etat pour des lettres illisibles jusques aux palimpsestes. Reste dans ton Nord de misère hautaine jadis Saint-Louis du Sénégal. Les pauvres ! Ils ne savent pas que le Nord, comme l’Orient musulman, est la boussole. A quoi sert de savoir où se trouve le Nord  si les entrepreneurs politiques ont périclité ? Mon cher conteur-Ife, tu vas dormir dans la rue. Ça leur est égal ! Parmi tes semblables, diront-ils. La rue n’est elle pas le gîte naturel du poète ? Commentent les experts en histoire littéraire préfabriquée. Ils vous réciteront des « Charles Baudelaire était pauvre comme Job. Il allait chercher des catins jusqu’en Europe du Nord. George Orwell, le dernier prophète de la littérature, est mort clochard. Céline le gueux, l’un des deux seuls maîtres de la parole française (avec Aimé Césaire) a quand même terminé un bouquin quelques heures avant la mort !»… Et patati et patata ! Tous victimes de la division internationale du travail, ces forgerons de l’imaginaire. Le chien aboie la caravane s’arrête  au dessus des dunes. Chien philosophe parle-nous ! Au secours le règne animal veille sur nos consciences corrompues par l’argent blanc mal blanchi. Le chien de l’écrivain est tendu de façon priapique comme le chien du fusil. Bang ! Coup de feu, coup de sang dans les veines révolutionnaires du poète national Ibrahima Sall. Alors la race des profiteurs aux abois tombe et se remet debout. Les voleurs ont la peau dure. Livrons-les tous  au guérillero de la banlieue ! Il va tous les passer à la Kalachnikov des langues africaines, avant que la société indiscrète des écrivains francophiles le mette au ban. Mais l’ombre  du pharaon Anta Diop lui viendra au secours. La doublure mystique de Bandiagara viendra guider la fabrication du Grand Livre, le livre ultime que l’argent ne pourra acheter. Il sera idéalement exposé, Le Livre, et le peuple viendra s’agenouiller, se recueillir en une prière salvatrice devant les mots balsamiques du poète de la Nation qui nous viendra des limbes de la vérité. A quoi bon écrire ?     

samedi 5 décembre 2015

Terrorisme, littérature et ré- enchantement du monde!






Le philosophe français Paul Valéry dans cet esprit subtil dont il avait le secret a dit la chose suivante : « Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens ». Quel don particulier possèdent ces grands écrivains pour nous exprimer en des mots particuliers les choses les plus complexes ? Autant dire que les hommes ont une inclination naturelle vers les extrêmes, poussés en cela par le pessimisme. L’Homme est naturellement pessimiste. Le juste milieu lui fait horreur. Il a tendance à tout faire à l’excès. C’est la raison pour laquelle les religions, les grandes sagesses et les systèmes philosophiques et moraux bref la Culture en général, appelle l’espèce humaine à la modération ; exercices spirituels difficiles et par moments douloureux pour l’Homme dont l’histoire est jalonnée par des pratiques de domination et d’hégémonie. Même ceux qui appellent à la modération sont parfois dans l’excès en ceci qu’ils le font à partir d’une culture souvent dominante. C’est l’exemple de la majorité qui accuse toujours la minorité d’être « excessive » parce que la minorité est trop visible contrairement à ce que l’on pense, elle détonne dans le décor, comme une tache blanche sur du tissu noir. Aujourd’hui c’est le terrorisme qui est en cause, une conséquence des pratiques excessives de l’homme. Le terrorisme est toujours la conséquence d’un conflit politique de grande intensité. Une grande querelle de nature politique et culturelle provoque souvent le terrorisme. Il n’est pas forcément lié à la pauvreté. La pauvreté n’en est même pas la cause secondaire. Elle a plutôt un effet d’entrainement. Une incompréhension généralisée venant souvent de l’élite dominante vient s’ajouter à la masse déferlante de préjugés, d’approximation et même d’ignorance. Le dialogue est alors interrompu. Comment Michel Houellebecq, l’écrivain français « le plus lu et le plus traduit » présentement, a-t-il pu passer de « Plateforme », un ouvrage violemment islamophobe à « Soumission » où l’islamisme qui arrive au pouvoir en France est dépeint sous un visage relativement  modéré ? Ce livre d’une écriture quotidienne comme à son habitude   et la polémique qu’elle a suscité révèlent cet état d’esprit qui caractérise particulièrement l’élite parisienne. On ne lui reproche  pas d’avoir posé l’hypothèse islamiste sous forme romanesque, le « pourquoi pas l’islamisme modéré », mais d’avoir évolué sur la question islamique. Houellebecq a osé dire qu’il a lu le Coran avant d’avoir écrit « Soumission » et qu’il faudrait être particulièrement malhonnête pour avoir une interprétation violente du Coran. « Soumission » aurait pu être plus violent s’il était écrit après les affreux attentats qui viennent de frapper la France. Des pauvres êtres innocents qui sont aujourd’hui assassinés en France par le fait de l’engagement de leur gouvernement dans l’affreuse  guerre syrienne n’ont eu que la malchance d’habiter un  pays qui peut venir à bout du terrorisme mais qui perdra la guerre de « l’invasion religieuse ». Les jeunes de la France et de toute l’Europe déchristianisée au ¾ tentent de retourner vers le paradis perdu. Dans ce phénomène de ré-enchantement de la civilisation européenne, ni l’extrême  droite encore moins la droite ne pourront jouer un quelconque rôle, sinon s’ériger en repoussoir idéal pour la rhétorique islamiste. Ni Marine Lepen, ni Nicolas Sarkozy encore moins François Bayrou n’ont la foi, la stature et la religiosité de Charles Martel. La geste de Poitiers est encore loin ! Les gouvernements du monde ont intérêt à écouter les quelques esprits brillants qui annoncent des choses à chaque époque. Juste après la chute du mur de Berlin, Philipe Delmas a écrit « Le bel avenir de la guerre » au moment où les analystes médiatiques disaient que la guerre est devenue obsolète. En ce sens le gouvernement du Sénégal a tout intérêt à se méfier de l’analyse télévisuelle même si elle présente quelques intérêts. Les analystes eux-mêmes devraient être analysés .Ce n’est pas parce que l’on a été un gentil professeur  ou chef du département d’Arabe ou avoir écrit un livre sans critique sur « Boko Haram » que l’on peut servir des recettes miracles anti-terroristes. De nos jours il est plus facile d’écrire un  bouquin  que d’élaborer un seul  article scientifique digne de ce nom. La question du terrorisme est d’autant plus complexe que les approches francophone et anglo-saxonne divergent. Tenez-vous bien ! Il ya  quelques années un article de référence publiée par une chercheure américaine dans « Manière de voir », présentait les excroissances confrériques comme la principale menace islamiste au Sénégal. Contrairement à ce que pensent nos experts médiatiques, l’islam confrérique est autant « surveillé » que les mouvements islamiques. Remarquez à propos du  Niqab  (il n’ya pas de Burqa au Sénégal), personne n’a souligné les aspects ethniques d’un tel choix vestimentaire. Son interdiction temporaire peut être décidée même dans un Etat islamique ; mais au nom de quelle légitimité ? Un conflit de légitimité se pose auprès du chef de l’Etat. L’homme qui murmure à son oreille devrait faire gaffe. Il suffit qu’une batterie de mesures justifiées ou non soient  prises pour que le Sénégal devienne une cible ! Avant d’accéder au palais le Président Macky Sall a fait le tour des mouvements islamiques au Sénégal. C’est le moment d’appeler leur expertise en la matière. La responsabilité de tous est engagée devant Dieu et les hommes.

lundi 9 novembre 2015

SEXE, MENSONGE ET VIDEO EN REPUBLIQUE DU SENEGAL








De prime abord et à l’évidence, les affaires Ndèye Gueye « Guddi Town », Diomboss Diaw, Cheikh Yérim Seck, Tamsir Jupiter Ndiaye, Serigne Bara Doly, les jeunes filles de Grand Yoff  et aujourd’hui ces jeunes mineures prises à flagrant délit d’attentat à la pudeur à la plage de Hann n’ont rien à voir. Mais méfions-nous de l’évidence, elle nous cache souvent la réalité. Il existe des vérités non-évidentes et des mensonges évidents. Ces différentes affaires à connotation sexuelle telles qu’elles sont posées de façon désinvolte risque de nous priver l’interrogation fondamentale sur les problèmes de socialisation de la sexualité. Ces affaires si différentes qu’elles soient, peuvent être « ramassées » pour en tirer non pas une vérité générale mais en connaitre les fondements profonds et les conséquences sur notre devenir en société. Aussi le sociologue Abdelwahab Bouhdiba eut-il raison   d’écrire : « une société équilibrée donne une sexualité équilibrée. Non l’inverse !» La société est donc le facteur le plus explicatif qui permet de comprendre l’un des ressorts les plus puissants de l’être humain qu’est la sexualité. La fonction informative de la société explique provisoirement les pratiques sexuelles de plus en plus déséquilibrées et la projection de cette fausse sexualité, cette « sexualité mensongère » sur des supports-vidéo n’en  est pas moins déviante. Au Sénégal les conduites sexuelles liées au caractère fuyant des sociétés modernes revêtent de plus en plus un aspect déroutant. Des mineures toutes nues qui dansent la « Bombass » à la plage de Hann ? C’est la meilleure ! Les expériences de la vie vont aussi vite que ce monde moderne de la vitesse et de la compression du temps. Dans cet univers de la téléréalité, (c.à.d  la réalité à distance bref la fausse réalité ou la réalité mensongère), la curiosité  qui est décidément un vilain défaut, pousse beaucoup de jeunes « mineures » à s’intéresser d’abord au sexe et puis ensuite par touches successives,  à consommer des produits sexuels toxiques que j’appellerai (PST). Le sexe est à gogo au Sénégal : Les clips érotiques non-censurés par les chaines de Télévision,  les films obscènes, les scènes de lit de plus en plus nombreux dans les téléfilms sénégalais appelés abusivement « théâtre », les habits indécents, les séances de « Sabar-strip-tease », l’insouciance des parents face à l’outil INTERNET ... Malgré toute cette production de  sexe gratuit, la misère sexuelle est présente à travers ce sentiment d’insatisfaction permanente qui frappe une société sexuellement déséquilibrée. Savez-vous que les troubles de l’érection sont devenus le premier motif de consultation chez les tradipraticiens ? L’obscénité et la vulgarité tuent l’érotisme qui est indispensable à une vie sexuelle équilibrée. La pornographie et l’exposition vulgaire du sexe sont en train d’annuler progressivement l’immense patrimoine érotique dont recèlent  les différentes civilisations du monde qui ont offert un trésor érotique et littéraire qui appartient au  patrimoine sexuel mondial. Prise sous cet angle, la pornographie est une catastrophe culturelle. Il n’y a aucune honte particulière d’écrire aujourd’hui, qu’au Sénégal depuis quelques temps s’est installé une habitude particulière chez les « jet-setters » de filmer leurs ébats sexuels histoire de pimenter « leurs affaires » mais surtout pour ne pas être frappé par « le syndrome Matiou » qui, rappelons-le, a été accusé de viol par deux jeunes mineures qui, selon Matiou, était bien consentantes. S’il avait filmé la scène, dit-on, il aurait pu prouver son innocence. Depuis lors « les films érotiques réalisés à la maison » pour protéger ses arrières, sont devenus une pratique assez courante au risque qu’ils tombent entre les mains de Madame. Ces pratiques  peuvent être assimilées à un phénomène d’involution liée à la modernité, à l’urbanité et à un usage excessif de la liberté. Existe-t-il des libertins au Sénégal ? Oui et non à la fois. Les libertins de notre époque sont bien loin de poursuivre un but philosophique par la plongée vertigineuse dans les méandres de la corporéité accompagnée par une réflexion simultanée sur le corps, le désir et la passion. Les libertins d’aujourd’hui  sont tout simplement des pervers sexuels par accoutumance qui jouent dangereusement avec l’objet sexuel. La société sénégalaise est très sexuée, mais cela ne veut pas dire que les sénégalais sont protégés contre la misère sexuelle. Depuis la détérioration des termes de l’échange, les plans de rigueurs imposés par la Banque mondiale, la dévaluation du CFA, la transformation de nos Etats en oligarchie mafieuse et cannibale, une misère sociale s’est progressivement installée, accentuée par un phénomène d’individuation mal vécue surtout dans les villes. « Les Sénégalais sont capables maintenant de tout » entend-on dire de plus en plus. Ce qui est une remarque à  sens ambivalent en ceci qu’« être capable de tout » peut être une performance oubien une chute vertigineuse. « Être capable de tout » est tout compte une traduction linguistique de la misère sociale qui par endroit peut entrainer la misère sexuelle. Regardez ces pauvres Gigolos qui se coltinent des vieilles femmes européennes ou africaines ! La plupart d’entre eux sont d’ailleurs obligés de se soûler la gueule pour « supporter » ces vieux corps décrépis, qui leur procure le dégoût. Enfin, il ya lieu de dire que pour miner les fondements d’une civilisation le sexe déséquilibré est l’arme idéale de destruction massive. 

Khalifa Touré