samedi 9 juin 2018

Idrissa Seck est-il si cultivé qu'il le prétend?







C’était il ya sept ans nous écrivions ceci : « Quant au  tonitruant Idrissa Seck, cet homme attire par son extrême éloquence qui ne dénote pas forcément une grande culture littéraire. Il a certainement lu par ci et par là. Mais il suffit de l’entendre dire devant le journaliste Abdou Latif Coulibaly « Périclès a dit » pour savoir qu’il n’est pas un grand lecteur. Il devrait dire « le Périclès de Thucydide a dit » par exemple. Par ailleurs lorsqu’il a cité Hamlet dans l’une de ses nombreuses sorties médiatiques, des jeunes étudiants se sont empressés d’aller chercher un écrivain qui s’appelle Hamlet. Ils ne savaient pas (les pauvres !) que Hamlet est un personnage de Shakespeare. Pour soldes de tout compte Idrissa Seck a une réputation surfaite mais « culturellement » il vaut mieux que bien des politiciens, même si l’on sait que se mesurer à la médiocrité n’est pas une ambition. 
Des auditeurs avertis parmi nos amis ont affirmé d’ailleurs, qu’il n’a pas lu  Hamlet de Shakespeare sinon il ne l’aurait pas cité dans un tel contexte. Hamlet qui ne maitrise pas son destin et qui croule sous le poids des forces qui l’accablent  ne  saurait être une référence en politique. Depuis Nicholas Machiavel on sait que la politique est l’art de contraindre la Fortune par la Vertu. La citation de Hamlet est peut-être « lapsus linguae » qui révèle une forte imprécision entre la fortune et la vertu chez l’homme. Idrissa Seck est-il un homme qui croit à la vertu de la nature ou à la fortune des événements ? La lecture dans Plutarque des vies de Nicias qui se cachait derrière la fortune et Sylla qui mettait toujours la fortune en avant l’aiderait peut-être à comprendre et à  se déterminer. » Tel est le passage que nous avions consacré à Idrissa Seck, il ya bien des années dans notre texte intitulé « Mais que lisent les hommes politiques ? ».

L’erreur parmi tant d’autres aujourd’hui est de dissocier la face politicienne de l’homme Idrissa Seck de  son parcours social, sa personne,  et ses graves dérapages sur le caractère sacré et coraniquement fondé de la Kaaba comme direction pour l’Umma Islamique et lieu de pèlerinage. Dans nos pays francophones la légèreté pousse traditionnellement à négliger le profil des hommes politiques, l’idiosyncrasie des hommes publics, leurs forces, leurs faiblesses. Qui est l’homme ? Qu’est ce qu’il a fait comme études ? Il ne suffit pas de dire je suis sorti de Princeton en trainant une voix nasillarde « outre- atlantiquement » empruntée, même si ces affabulations marchent au Sénégal. Personne ne sait si Idrissa Seck est Juriste, économiste, littéraire ou philosophe. Du moins personne ne va vérifier, tellement il est devenu impensable que cet homme traine une réputation surfaite. Idrissa Seck n’est pas un homme sûr et  transparent. Il préfère l’intelligence au travail, à la culture et à la lecture profonde. C’est un homme de parade et de surface. Et c’est dommage !

Cette terrible complaisance nous a souvent emmenés à des  déceptions et surprises que l’on vient de noter ces derniers jours. Qui n’a pas approuvé ses citations coraniques intempestives et impertinentes, surtout parmi ceux qui lui jettent la pierre aujourd’hui ? Les musulmans Sénégalais aiment tellement l’Islam qu’ils sont même prêts à se  laisser tromper au nom de leur religion. Lorsque dans une querelle avec Me Ousmane Ngom il a renvoyé les gens à un verset du coran pour insinuer que l’homme est né hors mariage, ce qui est faux, les Ulémas Sénégalais qui seuls peuvent « décortiquer » cette injure blasphématoire drapée de versets coraniques n’ont pas réagi. Il avait vent en poupe. Lorsqu’il a comparé la victoire d’Abdoulaye Wade (sa victoire ) à Fath Makka le retour victorieux du prophète Mohamed(PSL) à la Mecque, personne n’a relevé la comparaison grossière et  impolie. S’il était un homme qui écoute,  il aurait su qu’à un moment donné les Sénégalais musulmans désemparés anti-laïcité étaient prêts à lui offrir une sorte de  délégation sentimentale. Voilà qui explique même tant de tolérance vis-à-vis de ses dérapages verbaux. Idrissa  ignore notamment la hiérarchie sentimentale des musulmans sénégalais  chez qui, les Chefs confrériques,  la Kaaba, la Mecque et la figure du Prophète (PSL) trônent au dessus de tout. Au Sénégal on ne s’amuse pas avec ça !

Mais Idrissa Seck vient de franchir le Rubicon au propre comme au figuré. Cette sortie malencontreuse et  gravissime du point de vue du dogme musulman est loin d’être anecdotique. Il a touché le dogme musulman expressément, qu’il s’attende donc à des réponses dogmatiques. Et les analystes qui disent qu’il a  marqué des points en marketing politique en réussissant à faire parler de lui partout dans le monde sont d’une banalité et d’une méprise incroyables. Ceux qui avancent cette idée qui relève du truisme scolaire et banal d’apprentis politologues ont tout faux. Ils sous-estiment la force et la capacité de réaction du groupe musulman. Ils ne savent absolument rien de la diplomatie du monde musulman.  La plupart de ces analystes et Idrissa Seck lui-même  pensent certainement que la Umma ne peut pas faire et défaire et qu’il vaut mieux aller avec le groupe sioniste. Ils se fourrent le doigt dans l’œil et c’est ce que le sieur Idrissa Seck vient de  faire. Le  3 Juillet 2011 dans un texte intitulé  « Idrissa Seck ou la maladresse des habiles » nous écrivions la chose suivante : « Il est des hommes qui cherchent tellement l’habileté et la ruse qu’ils en deviennent maladroits et presque tortueux. L’homme politique Thiessois, Idrissa Seck, appartient peut être à cette catégorie. » Et  il vient de le démontrer à ses risques et périls en s’attaquant  à la lettre du Coran que voilà :  
« La première maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est celle de Bakka (La Mecque) bénie et une bonne direction pour l’univers. Là se trouvent des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Ibrahim s’est tenu (Maqama Ibrahim) ; et quiconque y entre est en sécurité. Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas… Allah se passe largement des mondes » Sourate Ali Imran versets 96/97

Voici le verset(96) cité et tronqué par Idrissa Seck ! Tronqué parce que le monsieur  n’est pas allé au bout de la citation en omettant volontairement(ou pas) la suite du texte dont le contenu sémantique est un prolongement et une explication sous forme de précision géographique et juridique du lieu nommé Bakka qui est sans aucun doute un homonyme de Makka. Il ne suffit même pas d’être arabophone pour savoir que les formes « B » et « M » sont interchangeables parce qu’ils sont bilabiales. C’est comme les labiodentales  « V » à la place du « F » des lecteurs de coran mauritaniens de langue Hassanya bien connu de tous. Mais tout cela est compliqué peut-être. Vous aurez simplement remarqué que le passage qu’il cite lui-même le condamne sans appel : «Là se trouvent des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Ibrahim s’est tenu (Maqama Ibrahim)" et plus loin (...)Et quiconque ne croit pas… Allah se passe largement des mondes  ». Il n’ya pas à chercher loin, la réplique se trouve dans le passage qu’il cite.  Apparemment Idrissa Seck ne se contente pas de l’évidence en Religion. S’il préfère le doute, il n’a qu’à se débarrasser de sa paresse intellectuelle et affronter l’immense espace du doute, de la réflexion et même de la spéculation qu'autorise l’Islam appelé Ijtihad et qui a donné en partie toutes les écoles juridiques connues. Point d'Ijtihad en matière de dogme où  la règle est la prescription et l'autorisation textuelle alors que dans l'espace des pratiques communes c'est le principe de la permission originelle qui fonctionne, la règle étant la permission et l'interdiction étant l'exception. Il n’ya aucun système qu’il soit juridique, politique, religieux où la réflexion n’obéit pas à une tradition, des règles et des méthodes. Même en philosophie la spéculation n’est pas vide, elle n’est pas aussi libre qu’on le dit. Elle obéit à des systèmes, traditions et écoles philosophiques. Toutes les interprétations sont normées et savantes. La philosophie est un métier comme la théologie. Bref, Idrissa Seck ne sait rien de ce qu’il dit ! Comment peut-on penser que lui qui ne connait pas la langue arabe peut contredire un Imam de la Mecque qui est un savant diplômé des grandes universités ? Soyons sérieux ! Il existe des milliers de mots dans sa langue maternelle, le Wolof,  dont-il ignore totalement l’évolution sémantique. Le français n’en parlons-pas ! Ce n’est pas du tout sa spécialité. La simple modestie et la peur de la gloriole auraient pu sauver le bonhomme. Mais à force de se gargariser de culture et de science qui n’existent que dans les formules mielleuses on tombe très bas !

Où se trouve Maqama Ibrahim si n’est à la Mecque près de la Kabba ?  Où se trouvent les lieux Safaa et M’arma nommément cités dans le Coran, si ce n’est dans le lieu de pèlerinage que le sieur Idrissa Seck a remis explicitement en cause en disant avec une désinvolture inqualifiable que Bakka signifie « pleurs » et que le lieu indiqué par Dieu est ailleurs et qu’il va le révéler. On attend la grande révélation d’Idrissa Seck ! Ses plates excuses qui sont feintes et teintées d’ironie et de menaces ne suffisent pas. Lisez le verset 158 sourate Baqara : « Asafa et Al Mawah sont vraiment parmi les lieux sacrés d’Allah. Donc, quiconque fait le pèlerinage à la Maison ou fait l’Umra ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts. Et quiconque fait de son propre gré une bonne œuvre, alors Allah est Reconnaissant, Omniscient »
Quand il affirme que Makka n’a pas été cité par le Coran tout en sachant qu’il l’est à la Sourate Al Fath qui vient avant la Sourate Ali Imran dans le processus d’apprentissage du Coran, la chose est très claire. Idrissa Seck reprend mots pour mots les thèses farfelues que personne ne prend au sérieux de Dan Gibson qui s’est choisi pour spécialisation la discréditation de l’Islam.

C’est alors que les sceptiques tapis dans l’ombre se sont engouffrés insidieusement dans le débat insinuant intolérance, refus de débat ou autres formules déblatérées par des intellectuels qui ne prennent même pas le temps de lire le texte du Coran, ne serait-ce que pour s’informer et qui ignorent royalement l’histoire de Idées en Islam. L’Islam, les confréries et les daaras sont pour eux des formes éculées. J’en connais qui ont étudié jusqu’au doctorat et qui n’ont jamais fait de Logique, de Rhétorique, de Lexicologie, de philosophie du Droit, de Métrique et d’Astronomie enseignées dans les daaras. Il n’ya aucun « oustaze » qualifié et digne de ce nom qui enseigne le Fiq aujourd’hui et qui n’a pas étudié la Logique (Al Mantiq), c’est indissociable. Alors nous autres « intellectuels » prétentieux remballons nos grands airs et continuons à chercher, à lire sérieusement. L’Averroès tiré de « Phares » de Jacques Attali qu’il reprend  souvent sans le nommer n’est personne d’autre qu’Ibn Rouchd l’éminent juriste Malikite enseigné dans tous les daaras de ce pays à travers son ouvrage « Bidayatoul Moujtahid Wa Nihayatoul Mouqtacid. Mais il est plus proche d’Attali qui est la clé principale de « l’Affaire Idrissa Seck ». 

Idrissa Seck a failli créer un clash confrérique,  mais tous ceux qui ont  dérapé sur ce sujet manquent de jugement et de clairvoyance. Ils ne savent pas que c’est en ce même lieu Bakka-Makka que Serigne Cheikh Mbacké Gaindé Fatma et El Hadji Abdou Aziz Sy Dabagh ont effectué ensemble le pèlerinage en prenant le même bateau. C’est ici qu’El Hadji Oumar Tall, Mame Maodo Malick Sy , Mame Abdoulaye Niasse et plus tard Cheikh Tourad Aidara Ould Abass, Serigne Fallou Mbacké, Mame Cheikh Anta Mbacké,  El Hadji Mansour Sy Maodo ont fait le Hadji. C’est là à Bakka-Makka que Baye Niasse a fait ses nombreux pèlerinages. Idrissa Seck peut-il en savoir plus qu’eux ?
Indépendamment de ce sujet regrettable, ces mémorables pèlerinages seront l’objet de la prochaine chronique. InchAllah!

Khalifa Touré









jeudi 31 mai 2018

« Un champion de jeûne » d’après Franz Kafka








« Nul ne pouvait savoir par suite d’un contrôle personnel si l’artiste avait vraiment jeûné impeccablement ; le jeûneur seul pouvait le savoir, il pouvait seul constituer devant son jeûne un spectateur parfaitement satisfait »


Tels sont les mots justes de Franz Kafka dans ce récit de quelques pages comme il en a l’art. Mais ce n’est pas la justesse que l’auteur cherche mais la possibilité, la vraisemblance. Il n’ya que Franz Kafka pour nous réussir cette parade d’une subtilité sans comparaison possible dans les annales de la connaissance des choses cachées. La littérature est une parade sibylline qui tente de faire admettre des réalités inconcevables. De quoi s’agit-il dans « Un Champion de jeûne » ? Il s’agit d’un spectacle, tout un pays qui vient « admirer » un jeûneur exceptionnel qui vit dans une cage. Une « allégorie » kafkaïenne et anticipée sur ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui l’addiction aux plaisirs éphémères du spectacle dans les sociétés de consommation. Mais «  Il était le seul, en effet, à savoir, et nul initié ne s’en doutait, comme le jeûne était facile » écrit-il. Le jeûne est donc du monde de l’intériorité, une autre réalité.



Je n’ai jamais compris comment Franz Kafka est devenu Kafka tout court, l’écrivain absolu, le plus étrange et le plus décalé des écrivains de l’époque moderne. Depuis Kafka il n’ya pas eu de Kafka, même pas l’ombre d’un Kafka. Kafka c’est l’écrivain fait homme. C’est la solitude dans l’art, le génie et le talent à l’état pur. Franz Kafka est le plus influent des artistes modernes. Le soleil zénithal de Kafka a irradié tous les arts qui ont gravité dans son orbite. Il a ouvert tout un monde pour les « arts modernes », un monde qui reste à être exploré. L’univers Kafkaïen ne nous a pas jusqu’ici révélé tous ses secrets. Les hommes de culture se souviennent de cette scène où Orson Welles, le génie du cinéma, riait à gorge déployée rien qu’en pensant à son projet d’adaptation cinématographique du livre le plus connu de Kafka : LE PROCÈS.

Tout pour dire que l’influence kafkaïenne va de la littérature à la philosophie en passant par la peinture, le théâtre, le cinéma et même la musique. Quand je pense qu’un critique avisé a dit que le dernier de la classe de Franz Kafka, c’est le grand Albert Camus et que l’immense Samuel Beckett serait à la tête de cette longue liste d’écrivains sous influence Kafkaïenne. Si vous lisez « En attendant Godot » de Beckett vous serez définitivement convaincus que s’il est vrai que Kafka est le maître de Beckett il doit être certainement un écrivain hors de portée. Jean Paul Sartre, William Faulkner, Alberto Moravia, Alexander Soljenitsyne pour ne citer que quelques penseurs majeurs ont été illuminés par l’écrivain le plus singulier du 20ème siècle.

« J’écris pour faire un bond hors du rang des meurtriers » a-t-il dit. Phrase énigmatique mais juste qui résume l’esthétique et le projet littéraire de Kafka. Il a fait œuvre de prophétie en créant un univers concentrationnaire avant l’apparition de la grande barbarie en Europe. Son influence sur l’œuvre de George Orwell, l’auteur de « 1984 » est hallucinant. Kafka n’est ni un auteur de science fiction ou un futuriste farfelu, ce fut un grand visionnaire, un mage, un grand penseur de la liberté. Kafka est de ces voyants qui sonnent l’alerte à la vieille des grandes folies collectives. C’est le maitre des univers clos, le meilleur situationniste possible en littérature. Son réalisme fantastique nous plonge dans une métaphysique vertigineuse. Chez Kafka le fantastique est clôturé par le réel. Voilà sa grande invention. EUREKA ! Aucun écrivain ne l’a fait avant lui.

Lorsque Grégoire Samsa se réveille et se rend compte qu’il s’est transformé en une bête immonde, cette métamorphose qui est la plus géniale des transmutations artistiques quelque étrange que cela puisse nous paraître, a une signification d’une telle portée morale que la suite de l’histoire nous renvoie à notre propre inhumanité.

Et si l’on se réveillait un jour dans la peau d’un tueur en série ou d’un criminel de guerre ? Et si un homme riche se réveillait un jour dans la peau d’un pauvre quelle serait l’attitude de son entourage, ses proches ? Questions effrayantes qui nous glacent le sang. Autant de sujets graves qui foisonnent dans les œuvres de Kafka : LE PROCES, METAMORPHOSE ET AUTRES RECITS, LE CHATEAU, L’AMERIQUE, LA COLONIE PENITENTIERE ET AUTRES RECITS, LA MURAILLE DE CHINE ETC. Il est le dernier grand écrivain dont le nom est l’objet d’une construction adjectivale courante : kafkaïen.

Considéré comme « un écrivain Tchèque de langue allemande », né à Prague en 1883 et il est décédé en 1924 à Kierling non loin de Vienne en Autriche.


Khalifa Touré








 







jeudi 10 mai 2018

Géopolitique de la mort : Des Bombes d’hier au gaz d’aujourd’hui







Depuis l’invention de la poudre  explosive par l'alchimiste chinois Sun Simiao il y a des milliers d’années les hommes continuent de jouer à leur sport favori : le jeu de la mort. Il ya de quoi s’étonner que les hommes oublient que la guerre est devenue un art depuis il ya très longtemps bien avant « De la guerre » de Claus Von Clausewitz le Prussien. Un texte rangé depuis lors parmi les classiques de l’Art de la guerre enseignés dans beaucoup d’écoles de guerre encore aujourd’hui. Il est curieux pour les non encore initiés que la poudre explosive résulte d’un « hasard » d’ordre  alchimique. Mais sachez que «  Al Kimya-u » est la dimension mystique de la science au-delà des préjugés farfelus. La « vérité vraie »est que Al Kimya-u( Al Chimie) est une manifestation, une partie de la connaissance de Dieu. Plusieurs mantras mènent au travail intérieur qui aboutit à la possibilité de réaliser des choses impossibles pour le commun des mortels.

Mais selon les caprices du destin, derrière la grande muraille de Chine les boules noires explosives ont décimé des envahisseurs aujourd’hui inconnus. Il ya mille et une légendes sur la question, une invention d’un génie terrifiant qui n'était pas destiné à tuer. La guerre arrive quand la colère s’empare du fer et du feu. Le fer est d’une substance ultra-terrestre. Il n’existe pas sur cette terre suffisamment d’énergie pour « fabriquer » » un atome de fer. Voilà l’origine terrifiante de la guerre. Israël et l’Iran doivent faire gaffe aujourd’hui qu’ils se touchent mortellement en Syrie avec le Golan comme prétexte.  En tous les cas, le génie de la guerre et de la défense de l’espèce humaine s’est organisé contre les hommes et les démons, qu’ils soient humains ou autres pour préserver le savoir de conservation et de mutation fut-il défensivement mortel. Entre la mort et la vie, il n’ya qu’un cloison, une mince pellicule lumineuse. La mort est l’origine de la vie, fut-elle mystérieuse.

 Les grands généraux d’aujourd’hui, stratèges retors et discrets ont des références très anciennes quand il s’agit de l’art de donner la mort. Le général américain George Patton ne tarissait pas d’éloges sur les prouesses et le génie militaire des romains et des grecs, de Jules César et d’Alexandre le grand.  Pour défendre Moscou contre les hordes nazis, les généraux communistes Joukov et autres ont fait  appel à la mémoire du grand Koutouzov le royaliste à la tête de l’armée russe face à la meute napoléonienne. Ici, en Afrique du soleil couchant, de terribles meneurs d’hommes ont guerroyé fusils, arcs, flèches, gris-gris et amulettes en bandoulière. Ce furent les preux Meissa Boury Déguène Dieng du Kajoor et Thieyacine du Bawol. En pays mandingue le chef de Guerre Bakary Dian s’est débarrassé  du terrifiant Bilizy à une époque antérieure à Fakoly Koroma Fakoly Daaba de la bataille de Kirina en 1235. Le légendaire Ibrahima Ngourary est encore chanté chez les Peulh…

L’histoire des hommes est une histoire de « l’art de s’entretuer ». Il ya eu de courtes périodes exceptionnelles de paix mondiale, souvent pas plus de soixante dix ans.  La vie sur terre est devenue un grand art de la survie depuis l’époque moderne avec l’apparition des armes à feu qui ont décimé les indiens, les bombes qui ont terrorisé le monde entier surtout les populations autochtones en période coloniale.  « Etant donné que nous ne pouvons pas ne pas nous entretuer, faisons en sorte d’organiser la mise à mort, donnons lui des règles, inventons des conventions de Genève pour donner l’impression de toujours appartenir à l’Humanité. » Voilà « la formule chimique du bonheur » à la manière de Boris Cyrulnik le psychiatre, l’énoncé en une formule cynique de la résilience la plus réaliste.  Une chose est sûre les hommes savent qu’ils marchent vers la mort, d’où les tentatives parfois hypocrites d’organiser une paix factice. Il n’ya pas  de camp de la paix par-ci et de camp de la mort par-là.  Le monde se souvient encore aujourd’hui du bombardement de Dresde entre les 13 et 15 février 1945 par les armées Britannique et américaine. La ville allemande fut complètement rasée  et les populations civiles brulées au phosphore. Au Vietnam la Napalm américain a fait des dégâts que personne ne peut mesurer.

C’est alors qu’apparut le gaz mortel de la guerre entre les hommes. Ce fut le 22 Avril 1915(pour ce que l’en en sait). L’armée d’Adolf Hitler utilisa pour la première fois le gaz contre l’ennemi au nord d’Ypres en Belgique. La première guerre mondiale, cette grande boucherie humaine qui verra l’entrée en jeu des machines à tuer. Les armes dites conventionnelles sont aussi des armes de destruction massive à une certaine échelle, tout est question de temps et de psychologie. Le gaz tant décrié en Syrie et qui a provoqué une indignation sélective porte en ses substances mortelles le souvenir douloureux de l’hitlérisme, voilà tout ! Bachar Al Assad a fait plus de morts avant tous ces miasmes mortels,  et avant lui son père Hafez El Assad. Lorsque ce dernier  a décimé des milliers de populations soit-disant favorables aux frères musulmans, qui l’a condamné ? Qui a donné à Saddam Hussein ce gaz meurtrier qui a envahi Halabja lors de la première guerre du Golf ? Il fallait pour l’Occident et son allié saoudien détruire la Révolution Iranienne et le chi’isme à travers la guerre la plus longue du XXème siècle. Le Kurdistan en a fait les frais. Aujourd’hui ces mêmes fabricants de gaz mortel qui ont encouragé le gazage des populations Kurdes prétendent aujourd’hui sauver le Kurdistan dans le but secret d’affaiblir la Turquie, l’Iran et la Syrie. Ensuite ils vont prendre le Kurdistan. Il ya du pétrole mais surtout du gaz, un autre gaz non pas mortel mais celui-là  fait vivre l’économie.  Ah que la géopolitique de la mort est complexe !

Khalifa Touré



vendredi 4 mai 2018

SEUL DIEU SAIT !

 
 
A chacun sa petite querelle de chapelle ! Au moment où l’on demande aux hommes politiques sénégalais de chercher des parrains comme s’ils n’avaient pas de pères, la terre continue à tourner autour d’elle-même et autour du Soleil, « le grand astre ». Il ya plus de changement et de révolution dans la nature que dans la culture, surtout politique, lorsque les faux changements se hérissent en tissu de velours et la révolution fleurit en œillets pour bien finir par se faner. Notre culture de la manigance flagrante finira en eau de boudin. Son odeur faisandée ne sera que l’expression olfactive de la putréfaction de la vertu qui s’en va. Ils ont tous oublié que la nation n’a pas de père sinon un père inconnu, mais les hommes, les personnes, les individus et les organisations ont toujours des pères. L’Etat a un père lointain et connu, cela suffit pour exister culturellement et politiquement. Mais qui va frapper le premier ? Le temps du conflit est arrivé. Beaucoup passeront l’arme à gauche après avoir dégainé tardivement. Beaucoup de politiciens du Bien comme du Mal avaleront leur bulletin de naissance. Les plus chanceux seront recyclés dans le « Royaume des ombres », ils reviendront très utiles, en cancrelats nettoyeurs dans les fosses sceptiques de la vie. Tout cela n’empêchera pas la Casamance d’être verte, le vent de l’harmattan souffler et les mamelles de Ngor rappeler la mère nourricière.

Que valent nos vies humaines polluées par la cacophonie politique et le brouillamini d’une fausse musique qui n’élève pas l’âme. L’âme d’un musicien vient de nous quitter, il jouait grave et bas histoire de nous rappeler la gravité et le blues de notre existence. Prions pour le molosse de la maison qui protègent nos ballades nocturnes. Il est des hommes qui n’ont jamais été chien dans une autre vie. Pourquoi la vie serait elle chienne sous la plume des écrivains lors même que l’ancêtre « Kilab » du dernier Prophète-Paraclet dirigeait une meute de chien ? Il n’ya vraiment jamais eu de grande querelle en ces derniers temps. La surpolitisation faussement intelligente offre à l’homme moderne un chic illusoire et mensonger, un maniérisme intellectuel sous des airs de savant surinformé. Mieux vaut être renseigné que d’être informé. Les politiques sont indignes de notre saine colère qui devrait aller à la civilisation humaine, à nos origines biologiques, au changement climatique, aux villes qui vont disparaitre, au SIDA, à la Syphilis qui a disparu et peut revenir. Que sera Saint-Louis du Sénégal, Rufisque et Dakar dans soixante dix ans ? La plaie  béante d’Égypte qui menace notre pays, le monde, la civilisation est la crise de l’Education et dans la crise de l’éducation l’absence de transmission. On demande maintenant aux enseignants de cesser d’être des maîtres ! Ce fut le début de quelque chose de très mauvais qui nous submerge aujourd’hui.

Les media et l’imbécilité contemporaine autrement dit la faiblesse morale et l’esclavage de la pensée uniforme auront fini par déplacer les pôles mystiques du monde. De nos jours les hommes prient dans la direction de l’actualité du monde tôt le matin sous forme de revues de presse. L’effacement des symboles traditionnels détruira le monde. Il n’ya de sacré que dans les symboles. Revenons aux directions traditionnelles sans oublier le sort de l’Humanité. Un peu d’inactualité ne fait pas de mal. Ne serait-ce que matin et soir une tasse d’intemporalité . La plupart des religieux se vautrent dans le lit de la géopolitique sans spiritualité. Mais soyons réalistes avant la fin du cycle de la religion de l’actualité les hommes vont se faire la guerre peu ou prou. Mais qui va frapper le premier ? Personne ne sait en ce monde où les lignes sont fuyantes. Un brouillage axiologique vient de frapper le monde. Seul Dieu sait ! Mais Dieu n’a pas d’existence, Il est l’existence même, il Est ! Il est tellement visible qu’il est caché, d’où son inaccessibilité. Tout est là, le sort du monde, le but des hommes, le mouvement de la terre, les montagnes qui bougent, le grouillement effrayant du monde marin. Ceux qui tentent d’observer le monde politique et qui pensent avoir trouvé quelque chose selon une science préétablie, ont oublié que de tout temps ce sont « les têtes anciennes » qui dirigent ce monde, choisissent les rois et les reines, désignent les chefs d’Etat, imposent les dictateurs, les bons, les justes, les preux, les intrépides, les mous parmi les dirigeants de ce monde. Qui sait où ils se réunissent ? Se réunissent-ils vraiment ? Ils ont combien ? Sept ou neuf ? Les fripouilles d’hommes politiques sans foi ni loi les auraient mis à mort pour tenir définitivement la barque politique. Mais ils sont protégés par la puissante administration Karmique. Les dés sont jetés pour les hommes politiques. SEUL DIEU SAIT VRAIMENT !

Khalifa Touré





 

jeudi 19 avril 2018

Stephen Hawking, un physicien en dehors du temps !















Le plus célèbre des savants contemporains est mort. Stephen Hawking le sympathique physicien britannique est décédé ce 14 mars 2018 à Cambridge. Destin étrange et exceptionnel  que celui de cet étudiant de Mathématique à l’Université de Cambridge qui dès  les années 60 commence à montrer dangereusement les signes d’une maladie qui selon les mystères de la vie et la complexité de l’homme fera de lui l’image sympathique et stoïque du savant handicapé qui espère mourir d’ici peu et ne prend plus la peine de faire des études doctorales qui seront brutalement stoppées par la mort.
 Mais il n’en sera rien grâce à son maitre, le fameux  William Dennis Sciama qui l’encouragea en le soutenant jusqu’à ce qu’il soutienne brillamment sa thèse de Doctorat d’Etat. Mais c’est le mariage avec Jane Wilde qui sera déterminant pour sa vie( ils eurent trois enfants) Torturé par la sclérose latérale amyotrophique à début limbique ou maladie de Lou Gehrig et en France la maladie de Charcot. Ironie du sort, son père a toujours voulu qu’il devienne médecin, il dirigeait  la division de parasitologie de l'Institut national de la recherche médicale. Le mal qui rongeait son fils progressa au fil des ans. Stephen Hawking finira complètement paralysé et perdra l’usage de la parole à la suite d’une trachéotomie pour mieux respirer.
Stephen Hawking a certainement très tôt compris par intuition suivie de  calculs mathématiques qu’avant ce temps-ci, il y avait un autre temps et ses intérêts pour les théories physique et mathématique qu’il a élaborées se situent en ce temps premier. Mais la question brûlante est s’il existe ou non une discontinuité entre ces temps « périodiques ». Nous touchons aux limites de la physique quantique pour verser dans la métaphysique. Stephen Hawking doit son succès non seulement à son génie mais aussi et surtout au fait qu’il a compris que les choses se passent devant, dans la projection théorique. Cette attitude intempestive lui a empêché d’obtenir le prix Nobel, puisque la question qui a toujours brulé les lèvres est comment l’un des plus grands physiciens depuis Einstein n’a pas eu cette distinction prestigieuse. La vérité est qu’Hawking qui est au passage un féru du calcul et de la démonstration n’est pas un plat adepte de la proposition de preuves immédiates et soi-disant concrètes.
Le public l’a adopté parce qu’il s’est évertué à quitter le temps de la science dure, trop sérieuse  et lointaine pour nous familiariser avec les théories les plus complexes avec son ouvrage « Une brève histoire du temps » publié en 1988. Il a su être en phase avec cette époque-là, l’époque des grandes interrogations sur la physique, la métaphysique et nos origines que les philosophes actuelles seraient incapables de « résoudre », puisqu’en philosophie il n’ya pas de résolutions d’équations. Les physiciens, mathématiciens et métaphysiciens seraient-ils les philosophes d’aujourd’hui ? Quoiqu’il en soit les écrits de Hawking sur les trous noirs et le fameux Big-bang sont troublants pour nos interrogations existentielles.
 Hawking a démontré que la théorie de la relativité générale d'Einstein implique que l'espace et le temps ont eu un commencement qui est le fameux Big Bang, et une fin qui sont les trous noirs. Mais la révolution Hawkinguienne est que les tous noirs ne sont pas si noirs que cela, ils sont capables de rayonnement c'est-à-dire qu’elles sont source de lumière. Les réactions de la communauté scientifique restèrent en partie mitigées puisque cette découverte peut renforcer certaines thèses mystico-religieuses et spiritualités vivantes qui ont toujours professé que nous sommes des enfants de la lumière, nous avons pré-existé au Big Bang, même si Hawking s’est déclaré athée en 2014. Allez savoir ce que signifie « Athée » dans la bouche d’un super-physicien dont l’âme et l’esprit voguent constamment aux delà des étoiles. « Il n’y a pas de trou noir… le concept de trou noir est incompatible avec la physique quantique. » dira-t-il en 2014.
Mais le plus terrible est « La théorie de la singularité » comme origine de l’univers et « La théorie du tout »qui veut unifier les forces physiques qui sont au nombre de quatre, elles ne peuvent que troubler et secouer celui qui cherche ses propres origines qu’il soit croyant en Dieu ou pas.  A la fin de sa vie, ses interrogations sur la possibilité de voyager dans le temps et sur l'existence d'univers multiples et des êtres extra-terrestres le place au sommet du risque scientifique. Génie ou pas Stephen Hawking n’était pas simplement un physicien entouré de machines à calculer, ce fut une âme qui s’interroge et qui selon les lois astrologiques qui nous dépassent a choisi de quitter ce corps malade le 14/ 03/2018 qui tombe juste à la journée de pi et le jour anniversaire de la naissance d’Albert Einstein.
Khalifa Touré





lundi 16 avril 2018

La coalition orthodoxe : Russie, Iran et Turquie


 

« Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire. »  André Malraux

Est-il permis de croire autre chose qu’une simple coalition opportune et circonstancielle à fondements géostratégiques sur fond de guerre civile en Syrie ? En tout état de cause, ils l’ont fait, Vladimir Poutine de « la sainte et grande Russie », Hassan  Rohani de l’Iran anciennement et toujours persan mais  surtout plusieurs fois millénaire, Racep Tayyib Erdogan de la Turquie au passé impérial ottoman et non moins glorieux. Ils sont tous les trois à la tête de forces culturelles et civilisationnelles aux valeurs « conservatrices » qui viennent se heurter à l’universalisme finissant de l’Occident à la démocratie libérale. Assiste-t-on à la mort de l’Occident ? Non !!! L’Occident ne mourra pas, la mort n’existe pas pour de vrai. L’Occident et son universalisme vont se déplacer à la périphérie, ils auront une  existence rebelle et diffuse. Qui sait ?

Cette coalition n’est qu’un rappel de ce qui a été et qui sera un jour prochain, cette géostratégie spirituelle qui va se dessiner. Mais elle a la puissante faiblesse du nombre 3, l’instabilité du compagnonnage à trois. En Afrique on dit que les amitiés à trois sont vouées à la séparation. Robert Nester Marley dit Bob le poète-initié l’a compris en son triste chant « Three little Birds », ces trois petits oiseaux qui volent ensemble et qui vont se séparer…Les explications sont ailleurs souvent, mais on ne les voit pas. Il faudra une quatrième orthodoxie représentant les quatre grands mondes. Viendra t-il de l’Afrique, de l’Arabie, de Rome, du Tibet ou de Patagonie, seul Dieu sait ? Mais quelque chose se dessine. Les esprits de la transmission s’éveillent elles sont en marche activés par on ne sait quelle force. Ils ne sont pas forcément représentés par les nationalismes politiques et les idéologies religieuses qui participent du rationalisme ténébreux. Qu’il s’agisse des irrédentismes religieux, des socialismes désemparés, des sociétés civiles libertaires ils portent tous les marques indélébiles de ce rationalisme abâtardi qui a voulu se substituer à un modernisme occidental soi-disant porteur régression.

Le changement est centrifuge et traditionnel. L’Afrique devra chercher et découvrir son centre spirituel. Où se trouve le centre spirituel de l’Afrique pour prétendre à la coalition orthodoxe ? En Egypte ? Dans « Nations nègres et cultures »  de Cheikh Anta Diop ? Au Mali, au Niger, en Ethiopie, qui sait ? L’avenir est dans la transmission. Qu’il s’agisse de l’Iran de Rohani plein de mystiques détenteurs d’invocations secrètes et qui tiennent la Syrie, de la Turquie qui n’a pas dominé le monde pour rien et de la sainte Russie qui a fait fasse aux armées napoléoniennes à fort renforts de prières mystiques sous les différents symboles de la croix orthodoxe, l’esprit a toujours été constant. IL EST ! Ceux qui l’on comprit sauront prendre la direction spirituelle du vent.  

Le conflit inexplicable entre Erdogan et Fethulallah Gulen est une catastrophe culturelle malgré les apparences. C’est un empêchement de tourner en rond, de prier l’esprit qui gouverne le monde. Partout on met en conflit les politiques et les mystiques qui parfois par erreur se comportent comme les politiciens adoptant leur méthode d’infiltration pseudo-trotskiste qui finalement empêchent la jonction finale. Tous les grands chefs politiques ont besoin d’arrière-cours mystique, Racep Tayyib Erdogan a intérêt à le chercher pour combler le vide. Une question essentielle malgré sa popularité aveuglante devant les anti-occidentaux de toute sorte. A Rome, un Jean XXIII ferait l’affaire. Peut-être qu’il est toujours parmi nous. En tous cas ses prophéties font toujours mouche 45  années  après sa disparition physique. Sa vision de l’arrivée du Cardinal du sud  Bergoglio est éclairante. Il est des hommes qui font l’histoire sans en avoir l’air. Le pape François en fait partie, un jésuite très intéressant.

Quant à l’Arabie Saoudite, il s’y passe quelque chose. C’est le moins que l’on puisse dire. Ni perestroïka, ni glasnost ne sauveront l’Arabie Saoudite, le prince Mohamed Ben Salman n’est pas  Gorbatchev. L’Arabie Saoudite  est vouée au passage en avant mais non comme les schémas occidentalisant et religio-haineux le souhaitent mais par un retour à ce qu’elle est vraiment, non pas forcément saoudienne ou wahhabite mais austère, mohammadienne, abrahamique et spirituel. Sinon elle ne pourra prétendre à aucune coalition  orthodoxe  mondiale. Seule une présence et un règne mystique en Arabie pourra soigner les deux plaies frontalières que sont le Yémen et la Syrie qui sont deux frontières religieuses extrêmement dangereuses. Les hommes qui s’approchent des frontières religieuses doivent être prêts à mourir. Ceux qui ont profité du soi-disant printemps arabe pour déclencher ces conflits près  des frontières religieuses sont les responsables criminels de ce qui se passe aujourd’hui au Yemen et en Syrie si proches de nous. Les autres sont venus s’en mêler pour attiser le feu pensant qu’ils ne sont pas concernés. Le monde est voué inéluctablement aux déplacements spirituels. Rien ne disparait, les choses ne font que se déplacer en conservant leurs rôles.

Khalifa Touré


 

 

 

jeudi 12 avril 2018

DANS LE COMA DEPUIS TRENTE SIX ANS: JEAN PIERRE ADAMS




Voici Jean Pierre Adams, footballeur franco-sénégalais au destin singulier et tragique. Ah ! que le fil du destin peut être tranchant, cruel et effrayant. Mais les pauvres ignorants que nous sommes ne peuvent comprendre, les croyants inaccomplis, les non-initiés d’aujourd’hui, « les fils de la matière » se seraient méfiés de la vie plus souvent qu’il ne le faut, s’ils savaient. Ah ! que savons-nous du monde spirituel, le monde des âmes, des différents compartiments de la vie intérieure. L’âme est vaste, elle est appelée à retourner à son origine, à son nom véritable. Mais les étapes sont tellement nombreuses à arpenter que le souffle court des âmes vient butter violemment sur les murs des prisons de la maladie, des accidents, des catastrophes naturelles mais surtout de l’ignorance… La plupart des hommes ne savent pas qui ils sont c’est la pire des épreuves. L’ignorance est la pire des punitions. Mais Jean Pierre Adams savait, il sait maintenant de science certaine. Figurez-vous que ce colosse qui était plein de vie et qui faisait la fierté de ses coéquipiers est dans le coma depuis trente six ans. Trente six années, excusez du peu ! Né à Dakar le 10 Mars 1948, cette « perle noire » s’est retrouvée en Europe par un coup du destin. En pèlerinage à Montargis dans le Loiret(France), sa grand-mère, une fervente chrétienne, l’a confié à l’âge de huit ans, à une école catholique. Recueilli ensuite par une famille adoptive, le petit Adams a ainsi échappé à l’assistance publique.

Il y eut dès la prime enfance de ce jeune africain comme une sorte de destinée étrange et sombre. L’on dirait que l’orage approchait, quelque chose de fort et de grandiose arrivait à pas lourds. Pourtant Jean Pierre Adams a connu la gloire et le grand amour de sa vie en 1969 lorsqu’il se maria avec Bernadette, une femme vraiment exceptionnelle. Sa carrière de footballeur débuta en amateur à l’Entente de Fontainebleau en 1968 puis à Nîmes en 1970. Un peu plus tard en 1972 il atteint le sommet de sa révélation sportive en devenant vice champion, il intégra l’équipe nationale de France. Alors débuta le palmarès international de ce solide défenseur qui mesurait 1m78. Avec le célèbre Marius Trésor, ils formèrent le fameux rideau défensif tricolore, le meilleur depuis lors, à l’époque glorieuse où les postes de stoppeur et libéro avaient un sens. Adams est de la lignée des Karl-Heinz Forster l’allemand de dix ans son cadet, Ruud Krol le hollandais et Gentilé l’italien. 

Jean Pierre fut vice champion de France à deux reprises avec Nîmes et Nice, vainqueur de la coupe des Alpes, Finaliste par deux fois du championnat de France amateur, demi finaliste du Championnat de France avec Nîmes et 22 fois sélectionné en équipe de France de 1972 à 1976. Aujourd’hui plusieurs stades et terrains de foot de France portent le nom de Jean Pierre Adams.

Mais qui l’e
ût cru ? Jean Pierre Adams a eu sa plus grave blessure sur un lit d’hôpital.

En effet c’est à la suite d’une rupture du ligament au genou que Jean Pierre Adams subit une opération bénigne qui aurait dû se passer sans complications. Mais une grave erreur d’anesthésie et des négligences à la chaine, provoquèrent des lésions profondes au cerveau de ce jeune sportif en bonne santé. Le Mercredi 17 Mars 1982 il sombre dans un coma profond dont il ne s’est toujours pas réveillé. L’hôpital a été reconnu coupable et condamné. Mais la vie ce couple heureux a été définitivement brisée. 

Son épouse Bernadette, une dame courageuse refuse l’euthanasie, elle reste seule à s’occuper de son mari. Elle témoigne par ces propos poignants : « Le matin, je lui sers son petit déjeuner au lit à 7 h 30 puis ses yeux se referment. A midi le kiné arrive et on le lève puis je le fais déjeuner. Légumes, viande ou poisson mixés que Bernadette lui donne à la cuillère. Puis je finis sa toilette, je le coiffe, l'habille et je le rase, à la main... Il a la peau douce, lisse. Il ne vieillit pas, à peine quelques cheveux blancs. A 16 heures, il goûte puis dîne à 19 heures. Dès qu'il y a un match à la télé, je lui mets.»
Il faut dire que Jean Pierre n’a pas besoin d’assistance respiratoire mais il reste dans un état végétatif. Il a eu deux fils, Laurent et Frédéric et des petits-fils qu’il ne connaitra peut-être un jour de Mars lorsqu’il se réveillera d’une manière ou d’un autre. Jean Pierre Adams est né au mois de Mars, il a sombré dans le coma profond au mois de Mars. « Le foot m’a tout apporté et il m’a tout repris » affirme aujourd’hui Bernadette Adams.
Khalifa Touré





vendredi 6 avril 2018

LE STRATÈGE POUTINE FACE A L'OCCIDENT





« Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens. Il ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés.» Paul Valéry.
« Nous ne serons jamais d’accord, donc faisons nous la guerre maintenant! » serait sans nul doute et  tout bien considéré, la formule littéraire de la stratégie Poutine, un homme extrêmement réaliste, dangereusement réaliste pour l’Occident qu’il comprend parfaitement, dont il a étudié l’ADN culturel avec la minutie de l’entomologiste. Il n’ya que l’Afrique qui croit à la paix éternelle avec l’Occident, qui se trouve au Nord précisément, une erreur de direction très symptomatique. Quant à la Russie orthodoxe elle n’a pas les mêmes références que le catholicisme tropical des africains. L’occident ne comprendra jamais l’Orient dans sa totalité, cette Russie orientale au-delà de l’Oural qui a vu se jeter toutes les armées napoléoniennes et plus tard hitlériennes pour venir avaler l’ogre russe. Impossible ! Elles ont tous échoué en voulant traverser cette grande plaine qui est le ventre mou géographique du pays de Vladimir Vladimirovitch Poutine. C’est pourquoi la Russie ne lâchera jamais la grande plaine de la Crimée. Pourquoi l’Occident s’accroche à cette province russe ? Tout est là. La Crimée est le passage obligé de toutes les armées occidentales. C’est la frontière géostratégique avec l’Occident.
Il n’est pas bête Vladimir Poutine, il savait qu’un jour ou l’autre il y aurait le type de réactions que l’on constate ces derniers jours, l’expulsion massive de diplomates russes, d’abord en Grande-Bretagne ensuite aux Usa, en Ukraine, en Allemagne, en Belgique et par l’Otan. Les choses iront crescendo, mais ils n’oseront pas toucher l’argent russe qui se trouve à la City à Londres. Leur capitalisme en a rudement besoin, à cause de la crise économique et financière qu’ils tentent d’escamoter à force de chiffres et de contorsions intellectuelles.
Mais il ne fait pas bon d’être opposant au très populaire Vladimir Poutine. Son pays n’a que faire de la démocratie qui est devenue l’instrument mortel pour détruire les Etats opposants et les zones émergentes qui sont des menaces futures. Cependant on n’a pas forcément besoin de dictature pour faire front à la démocratie libérale. La plupart des opposants de Vladimir Poutine qu’ils soient politiques ou journalistes ont raison en partie, seulement. Mais leur raison est capturée, volée et dénaturée par l’Occident qui ne peut pas la fermer, se tenir tranquille et laisser aux autres la liberté d’inventer un destin politique. L’Occident a une expérience ancestrale de l’hégémonie. Ses menées impériales jusque dans sa manière de coopérer est humiliante pour les autres. Même un ami honteux comme l’Egyptien Al Sissi l’a compris qui s’est allié avec les salafistes conservateurs qui eux aussi ont un projet politique.
Ceux qui commettent l’erreur de suivre l’occident jusqu’au bout de l’amitié n’ont rien compris. Ce sont des imbéciles heureux. L’Occident a le complexe du dépouillement. Il vous demandera de tout laisser tomber, jusqu’à votre nom, vous reprochera même d’être le fils de votre père. Il ne soutient que ceux qui disent intelligemment du mal de leur propre culture. Beaucoup d’écrivains, de cinéastes et autres organisations de la société civile sont dans le programme de l’auto-dénigrement. Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Lors de la prochaine coupe du monde Football, l’Occident et sa province mondiale verra défiler la Civilisation russe, l’âme russe à travers les figures tutélaires de Lev Yachine( le plus grand gardien de but de tous les temps devant l’anglais Gordon Banks et Maier le chat allemand) et son héritier Rinat Dassaev. Les œuvres scientifiques de Dimitri Mendeleïev avec son tableau de classification des éléments, les grands musiciens classiques Moussorgski, Stravinski et les écrivains, les plus grands qui ont inspiré l’Occident, Léon Tolstoï, Fiodor Dostoïevski, Gogol, Pouchkine, Tourgueniev, Vladimir Maïakovski, Nina Berberova, Alexander Soljenitsyne et les grands souverains Pierre le grand, Alexandre 1er ensuite la Reine Catherine. Tout cela, personne n’en veut en Occident surtout en Angleterre dont l’échevelé ministre des affaires étrangères Boris Johnson a comparé « la coupe du monde de Poutine » aux jeux olympiques de  1936. Une injure et un affront à la Russie qui a connu la grande invasion hitlérienne qui a fait  plus de vingt millions  morts. N’eussent été Staline et Churchill, Hitler aurait conquis le monde.
Mais alors tous ces empoisonnements d’opposants et d’anciens espions sont casus belli pour l’Occident, des actes de guerre froide, dont les commanditaires ont suffisamment réfléchi sur les conséquences diplomatiques. Ils ne veulent pas d’une certaine paix avec l’Occident. Qui sont-ils ? Ils veulent éviter le baiser mortel  de l’Occident politique. Il ya suffisamment de nationalisme et d’amour patriotique en Russie pour mécontenter même les « pro-occidentaux » après ces humiliantes et  massives expulsions de diplomates. Les russes qui déplacent les pions sur l’échiquier l’ont voulu ainsi. Même les partisans du rapprochement avec l’Occident vont être gênés par ces pratiques diplomatiques guerrières. Vladimir Poutine ferait un champion d’Echec ou de black Jack, c’est selon. A long terme il sait que « le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens. » Il sait que dans le futur ce sont les données civilisationnelles qui seront déterminantes. Il y aura un combat historique entre l’esprit et la matière. Ces faits  ne sont  que les prémisses politiques des événements à venir.
Khalifa Touré


mercredi 14 mars 2018

Meurtres, assassinats, enlèvements et négation du crime au Sénégal


Nous en sommes arrivés finalement à tuer, assassiner, enlever et faire disparaitre nos propres concitoyens. Ce qui devait arriver et qui s’annonçait depuis des décennies est arrivé dans nos pauvres vies que nous nous sommes évertués à saccager. C’est notre masochisme social qui a produit ces phénomènes qui n’ont rien de mondial. Chaque société humaine a ses types de crimes, ses désirs enfouis et réfrénés, ses peines perdues.

Il est des moments où il faut s’arrêter et réfléchir sur les finalités de nos actes. Ces phénomènes relèvent davantage de la finalité que la totalité. Les spécialistes des phénomènes sociaux auront vite fait de crier au « phénomène social total ». Nous sommes entré de plein pays dans la crise du désir, de l’envie, du vouloir et des vœux incontrôlés. Les sénégalais s’entendent-ils parler ? Notre vocabulaire est devenu essentiellement alimentaire. Notre sensualité a décuplé ses dernières années. Nous voulons prendre toutes les femmes du monde, occuper toutes les villas de la ville, conduire tous les véhicules et exhiber l’argent sale partout. La surexposition fictive des biens, la surmédiatisation de l’argent, la mise en scène télé-filmique du bonheur auront fini par aiguillonner les psychopathes et les sociopathes qui dorment dans nos maisons. Il n’est plus rare d’entendre dire qu’il me suffit de franchir les frontières de n’importe quel pays du Nord pour vendre de la drogue ». Et ces mamans d’une ville connue de tous qui n’hésitent plus à dire avec une effrayante désinvolture «  priez pour mon fils, il est en prison à l’étranger », pour les raisons que tout le monde sait. Des jeunes qui disent que Dieu n’exhauce pas leurs prières s’il ne fait d’eux des revendeurs de drogue en Europe. Tout cela se passe au Sénégal.



Ecoutez parler nos jeunes frères, nos neveux et nos sœurs, des criminels potentiels qui déclarent leurs futurs forfaits sous couvert de blagues, de rires et de joie insouciante. Les voyous et les garces sont parmi nous ils sont capables de tout, prêts à sectionner le doigt d’un bébé et à tout prix. Qui n’a pas de prix en cette modernité décadente ? Chacun devra mesurer son seuil de résistance, on ne sait jamais. A quel prix, à quel coût, à quelle somme l’on est prêt à céder au crime ?

Tout est possible, nous sommes capables de tout. Le monde spirituel auquel les âmes sont connectées n’a pas perdu sa vertu mais il s’est dangereusement rétréci, peut-être à 30% ; nous sommes entrés dans une ère où plusieurs âmes qui veulent être sauvées éprouvent milles et une difficulté pour accéder au monde des vérités essentiels. Chaque jour vient au monde des milliers qui veulent être sauvées, évoluer vers d’autres strates du Bien, mais elles n’ont aucune chance, la dérégulation spirituelle des différentes sphères cosmiques a fait rétrécir les éléments spirituels. Les gens vont mettre au monde des criminels, ceci est effrayant. Mais pas pour longtemps, beaucoup d’âmes fortes aspirent au retour vers les vérités traditionnelles (fondamentales), la puissante agglomération de ces vouloirs grandioses, ces majestueuses volontés fera gonfler la sphère spirituelle et facilité l’accès à Dieu. Pendant le XXème siècle, même les mouvements religieux ont travaillé au service de la matière, sans le vouloir et certainement en voulant combattre le matérialisme occidental ils l’ont remplacé par un rationalisme textuel, dogmatique et religieux. C’est la raison pour laquelle, le soufisme a été violemment combattu jusque dans ses fondements.

Tout cela n’a rien à voir avec la criminologie et la sociologie, il relève de l’intériorité qu’il est nécessaire d’explorer sans pour autant nier  l’utilité des méthodes rationnelles. Tout crime comporte des marques spirituelles indélébiles. Ceux qui enlèvent ces enfants et qui les vendent à coût de million ont perdu leur âme depuis longtemps. Il ya quelques années, une pharmacienne a été assassiné, les auteurs qui ont commis le forfait sous couvert de cambriolage ont été payé par l’oncle de la dame.

Nous sommes au Sénégal. Jusqu’ici ce sont les étrangers, les « gnakk » comme on dit improprement, qui commettaient les crimes de sang. Pendant des années nous avons vécu dans ce mensonge injustifié. Le sénégalais n’a jamais rien fait, il ne fera rien, il est né sous une bonne étoile, béni de Dieu sur le sol des hommes les plus saints que le terre ait porté. Les plus dangereux sont les sénégalais qui n’ont jamais voyagé même pas en Gambie, qui ne connaissent même pas leur pays, qui n’ont jamais mis les pays à Mboumba ou à Diouloulou qui sont prompts à dire qu’ils ont les plus belles femmes du monde, les plus belles villes, les meilleurs « marabouts » etc. des choses qui font rires mais dangereuses parce qu’elles nous poussent à l’auto-satisfaction. Pire elles peuvent même influencer les décideurs qui seront tenté en bon sénégalais de tirer des conclusions édulcorées de la réalité des chiffres. C’est que l’on appelle un biais. Même le plus féru des méthodologistes peut se faire prendre parce qu’en l’occurrence nous avons ici un biais têtu et insidieux. Des prétentions ridicules qui nous ont perdues et ont empêché de regarder la réalité en face. Alors nos enfants, depuis la crise des années 80-90 qui a culminé en 2000 se sont forgés une carapace de jouisseurs, de frimeurs, de paresseux abandonnant l’école et les ateliers et finalement des criminels capables de tout pour de l’argent.

Les meurtres, assassinats, enlèvements d’enfants et même d’adultes continuent au Sénégal. Mais ce n’est plus une négation du crime au Sénégal mais un déni de la réalité. Les zones de non-droit dans les villes et certains grands villages du Sénégal auront fini par accélérer, aggraver et même favoriser le phénomène. Existe-t-il des comportements et des zones criminogènes au Sénégal ? C’est la piste à explorer pour les criminologues, les sociologues et la sécurité nationale.

Dans une société humaine le phénomène criminel peut passer de la « simple » sécurité à la sureté nationale proprement dite. Mais on n’en est pas encore arrivé à ce type de lien pernicieux. Les simples explications de sociologues médiatiques ne surprennent personne. « La crise de valeurs » oui, mais en quoi elle consiste ? N’ya t-il pas de nouvelles valeurs ? Chez les humains qui vivent en société les « valeurs » fondamentales ne changent pas, elles participent des paradigmes dominants. Par contre il existe des sous-valeurs qui sont les annexes morales souvent immorales de nos grandes références. Autrement dit les sociétés humaines ont toujours les défauts de leurs qualités. Nous n’avons jamais suffisamment analysé l’ensemble de nos valeurs qui ne peuvent être exhaustives. Où commence et s’arrête le Sénégal des valeurs morales ? La réponse à une telle interrogation aurait pu symboliser le corps de la Nation, la Nation des valeurs. Ce sont les valeurs partagées qui constituent la Nation or toutes les valeurs ne sont pas partagées du fait de la crise de l’Etat-nation, cette greffe coloniale qui provoqué tant de rejets.

Tous ces phénomènes effrayants et inquiétants sont loin d’être marginaux, ils participent d’une sédimentation successive de fuites et de pertes mortelles de notre être dans le monde. Nous n’allons pas continuer à nous entretuer, nous serons pris par la fatigue, interloqués et émoussés par nos fortraitures immondes. Nous passerons à autre chose d’autres formes criminelles à côté des  brisures quotidiennes de la vie. Oui, il existe des brisures de vie qui sont quotidiennes, elles sont les sources à la fois proches et lointaines des phénomènes criminels contemporains. Nous devenons de plus en plus audacieux en pratiques criminelles. Les meurtres, enlèvements et assassinats ces derniers temps ont ceci d’inquiétant qu’ils se distinguent par leur caractère répétitif, pernicieux et pervers. Ils ont pris la forme des rapines, des attaques et fuites rapides devant le silence étrange des autorités. Mais le non-droit, la gloriole, la sotte fatuité de nos manières sénégalaises modernes méritent d’être interrogés dans une perspective d’un mieux vivre-ensemble. Nous avons pendant une longue période construit un discours d’immunité avec des fondements socio-religieux. Nous irons tous au paradis, le salut est assuré, alors tout est permis. Nos maîtres aux pouvoirs divins feront le reste. Ils pourront réparer par leur onction balsamique nos erreurs et fautes impardonnables si ce n’est par cette facilité. Voilà la négation du crime, le déni de la réalité. A chaque jour suffit sa peine mais à chaque âme sa charge propre. Un jour prochain les regards seront figés sur nos propres crimes. Et les choses se passeront ici !

Khalifa Touré